Parcours - Corinne Héraud / Courcelles Art Contemporain -
Parcours

Née en 1971, je vis et travaille à Pizieux (Sarthe).
Autodidacte.


Après une expérience professionnelle éloignée de la photographie, je décide de me consacrer entièrement à ce qui n’était jusque-là qu’une passion. Ma première exposition en 2006 marquera le début d’un travail dans lequel l'intime occupe une grande place.
Je mène un travail portant sur un questionnement introspectif qui creuse au cœur de notre nature humaine. Les thématiques de l’identité, de l’image et des solitudes sont ainsi abordées.


Profondément inspirée par le mouvement pictorialiste, la recherche perpétuelle de processus permettant de donner un caractère unique à chacune de mes photographies oriente fortement ma démarche. Je me tourne vers des techniques qui nécessitent une intervention manuelle pendant laquelle l’image s’incarne en une matière que la main façonne. Le caractère aléatoire des manipulations rend chaque photographie unique.

Vidéos dans l'atelier...

 

Création d'un pelliculage (Séries Icônes cathodiques et Ames silencieuses)


Création d'un polyptyque pour la série "Auras"

 


Contact :
Galerie Courcelles Art Contemporain - Paris
Véronique Adraï-Mazert
110, boulevard de Courcelles, 75017 Paris - +33 (0)6 63 66 29 95 - contact@galeriecourcelles.com - www.galeriecourcelles.com


(Doux regard) critique par Hélène STAES

Regarder les photographies de Corinne Héraud, c’est faire l’expérience de l’intime. Le regard est attiré par ces femmes aux yeux noirs et à la chevelure corbeau. Les contrastes sont saturés, les flous rendent imperceptibles les traits des caractères. Ces images fascinantes oscillent entre nostalgie et contemporanéité. « J’ai pris des visages de femmes assises derrière le présentateur et les chroniqueurs dans les talk-shows » explique l’artiste, « je veux donner une existence à celles qui servent de décor dans des émissions de télévision ». Corinne Héraud présente au salon Mac Paris à l’espace Champerret deux séries consacrées à des visages féminins: Icônes cathodiques et Les âmes silencieuses, un univers commun de femmes capturées par le petit écran, et par l’artiste qui les sort de l’anonymat et de l’absurdité du décor.

Corinne Héraud a le physique de ses héroïnes, brune aux cheveux longs, elle semble sortie d’une de ses œuvres. Elle s’est lancée dans la photographie en 2001 à l’âge de 30 ans en découvrant les possibilités inouïes du polaroïd, « un coup de foudre » dit-elle. Autodidacte revendiquée, elle nourrit son travail d’accumulations cinématographiques, de peintures de Jérome Bosch au Caravage, de ce qu’elle appelle « ses instantanés esthétiques » et de sa propre histoire. Elle vit dans la Sarthe non loin du Mans. Sa première exposition, elle la consacre en 2006 à un arbre remarquable de sa région, le chêne de la Lambonnière. C’est à cette date que commence sa carrière d’artiste qui cherche, combine les techniques, poursuit son chemin en interrogeant la fragilité des formes et des êtres. Dans ces séries de visages de femmes, elle se penche sur l’identité, l’image et la solitude : « Je mène un travail sur un questionnement plus introspectif en creusant au cœur de notre nature humaine » explique-t-elle.

Sa référence revendiquée : le pictorialisme. Ce mouvement, typique de la Belle Epoque, théorisé en France par le maître en la matière Robert Demachy, visait à faire de la photographie un art qui nécessite l’intervention humaine. Corinne Héraud s’empare des techniques anciennes et les met au goût du jour pour manipuler l’image et l’éloigner de la vision première du photographe, pour raconter une histoire. Après de multiples tâtonnements, elle trouve le procédé qui fait aujourd’hui son style : en trempant l’image imprimée dans un solvant pour que l’émulsion s’en décolle, la membrane fine gélatineuse est récupérée sur un papier japonais avant d’être retouchée avec des pigments, des touches de pinceaux ou de l’encre de chine. Les transferts collés à la toile font apparaître des froissements, des déchirures. On ne sait distinguer le procédé technique des brisures de l’identité. Corinne Héraud a de la tendresse pour ces femmes sorties du fracas et des lumières cathodiques. Isolées de l’univers dans lequel elles apparaissaient, elles semblent ordinairement belles. « Je ne suis pas celle que vous croyez », « Douces pensées » disent les cartels qui nous renvoient à nos interrogations, à notre intériorité, au flou de l’existence.


              


 

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