Eternelles - Corinne Héraud
     
Eternelles
Travail visible à la Galerie Courcelles Art Contemporain ( Paris 17)

Eternelles, travail en cours
Photographie et technique mixte sur Dibon. Edition : 3 versions numérotées et signées

Depuis la nuit des temps la féminité fascine tout autant qu’elle interroge. Symbole de la dualité suprême de la vie et du désir contre la mort, elle porte en elle une intense charge émotive. Légendaires, rêvées, mystiques, soumises ou encore fatales, les grandes figures féminines de la mythologie, de la littérature ou du cinéma nous inspirent en cela qu’elles nous renvoient au reflet d’un monde ou la question de la coexistence entre les hommes et les femmes reste constante, éternelle.

"La série des Éternelles où l'artiste révèle quelques-uns des possibles de la femme : source de toute génération, puissante guerrière, exécutrice ou amoureuse dérivant sur le fleuve de la mort. J'ai plaisir, dans des relectures tout à fait nouvelles, proches ici de l'heroic fantasy, à renouer avec des figures mythiques de la littérature ou de la dramaturgie. La Walkyrie nordique, divinité et guerrière vierge (ici, doublée d'une meneuse de loup et d'une sorte de Diane), Eve, la première femme selon la mythologie biblique, berceau de l'humanité, Judith, la Juive sublime qui décapitera Holopherne et rapportera sa tête à Béthulie ou l'Ophélie issue de l'Hamlet de Shakespeare. L'artiste se fait un chemin dans les mythes et, écartant l'image de la docilité et de la fragilité féminine, restitue à la femme la multiplicité de ses facettes. Les trouvailles abondent dans ce muséum de la féminité revue et corrigée : Eve vit harmonieusement, entre paix et extase, la présence du serpent, la tête de Judith n'apparaît pas de manière à mettre en fulgurant exergue la caboche du général vaincu par la beauté, l'audace et l'intelligence, Ophélie morte a plus que jamais l'aspect d'une nymphe d'aujourd'hui... Ce grand jeu avec le temps persiste, de déclinaisons originales en déclinaisons originales. Il offre une nouvelle variation et une nouvelle forme de résistance à l'image d'Epinal. Tout contribue à danser dans cette formidable et enivrante ronde des fantômes, des fantasmes, des représentations, des mythes et des désirs, des angoisses, des sortilèges, des rêves. Pour entrer dans le monde d'Héraud, il faut franchir une porte. Au-delà de cette porte, le trouble scintille dans toutes ses acceptions."
Denys-Louis Colaux
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